Design
La Donadodoo contient une part d’utopie dans le sens où elle cherche à s’approcher du « Livre Absolu » rêvé par Stéphane Mallarmé. Mais elle peut également être considérée comme un authentique objet design sensible aux questions d’équilibre entre forme et contenu, de recherche de fonctionnalité simple et intuitive.
La machine et son interprète font véritablement corps, les spectateurs ont le sentiment qu’un être étrange est venu leur raconter des histoires ; cet être a des jambes, des bras, un sommet de crâne humain mais son buste est composé d’une multitude de pages aux lettres colorées qui s’ouvrent et se ferment comme les ailes d’un papillon.
Si la Donadodoo est une innovation dans le monde du papier imprimé, elle repose cependant sur de profondes traditions autant occidentales qu’orientales. Pliées, les pages laissent entrevoir des lettres colorées comme autant d’oiseaux dans une volière ; dépliées, quel que soit le sens de lecture propre au système d’écriture, elles donnent un rôle crucial à l’art de la calligraphie ou de la typographie. La nature du papier utilisé, l’épure du meuble de bois (assemblé sans la moindre vis), les récits eux-mêmes (des fables dans lesquelles des animaux et des hommes sont placées dans un univers allégorique), tous ces éléments appellent la Donadodoo à rechercher des situations d’échanges entre les différentes cultures du monde.
La Donadodoo peut également se vivre comme un instrument de musique produisant des sons subtils et variés consécutifs aux pages qui s’ouvrent et se ferment, aux glissements du papier sur le bois et, en présence d’enfants, à leurs chuchotements quand ils lisent tout bas.